El 2 de mayo, por Maximilien Foy. Recorrido histórico por la ciudad.

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Maximilien Sébastien Foy, uno de los generales franceses más respetados de la última etapa del Imperio, escribió entre 1816 y 1817 una “Historia de la Guerra de la Península bajo Napoleón”, que fue publicada póstumamente en 1828 por su mujer, Élisabeth Augustine Daniels. Foy recopiló abundantes informaciones, correspondencias, órdenes oficiales, buscó el testimonio de sus antiguos compañeros armas, viajó dos veces a Inglaterra, se entrevistó con los españoles fugitivos en Francia, siempre revisando y tratando escrupulosamente la información que iba encontrando.

Estando destinado en Turquía con el general Sébastiani, Foy se unió al cuerpo de ejército de Junot que invadió Portugal; fue encargado de la inspección de las fortalezas del país en diciembre de 1807 y resultaría herido en agosto del año siguiente en la batalla de Vimeiro.

Foy no vivió directamente los hechos de del 2 de mayo de 1808, pero hemos querido recuperar sus palabras como una visión alternativa de un militar francés de la época que estuvo destinado en Portugal y España y por tanto tanto pudo tener una opinión formada del país, sus gentes y sus costumbres en aquellos convulsos años.

Maximilien Sébastien Foy, l’un des généraux français les plus respectés de la dernière étape de l’Empire, écrivit entre 1816 et 1817 une «Histoire de la guerre de la Péninsule sous Napoléon», publiée à titre posthume en 1828 par son épouse, Élisabeth Augustine Daniels. Foy a recueilli d’abondantes informations, correspondances, ordres officiels, recherché le témoignage de ses anciens compagnons d’armes, s’est rendu deux fois en Angleterre, a interrogé les Espagnols fugitifs en France, passant toujours en revue et traitant scrupuleusement les informations qu’il a trouvées.

Alors qu’il était en poste en Turquie avec le général Sébastiani, Foy rejoignit le corps d’armée de Junot qui envahit le Portugal; il est chargé d’inspecter les forts du pays en décembre 1807 et sera blessé en août de l’année suivante à la bataille de Vimeiro.

Foy n’a pas vécu directement les événements du 2 mai 1808, mais nous avons voulu récupérer ses propos comme une vision alternative d’un militaire français de l’époque qui était en poste au Portugal et en Espagne et aurait donc pu se faire une opinion du pays, son peuple et ses coutumes en ces années convulsives.

El Palacio Real de Madrid
Le Palais Royal de Madrid
El Palacio Grimaldi, llamado de Godoy, casi enfrente del Palacio Real, ocupado por Murat como su residencia en Madrid. Le palais Grimaldi, appelé Godoy, presque en face du Palais Royal, occupé par Murat comme sa résidence à Madrid.

LOS SUCESOS DEL 2 DE MAYO DE 1808

El 2 de mayo fue el día fijado para la partida de la Reina de EtruriaI, sus hijos y su hermano, don Francisco de PaulaII. Los dos últimos correos de Bayona habían fallado y la ansiedad había aumentado. Desde la mañana, la plaza frente al palacio se llenó de gente, y en especial de mujeres que contemplaban con tristeza los preparativos del viaje. A las nueve en punto, la Reina partió, llevándose a su hijo e hija con ella. Todavía había dos carruajes que estaban siendo cargados apresuradamente. Alguien dice que uno de ellos era para el Infante Don AntonioIII. Entonces todos se van. En una hora, la capital quedará viuda de toda la familia de sus reyes. Personas adscritas al servicio de la corte informan que don Francisco no quiere irse, y que derrama lágrimas a raudales. Ante esta historia, las mujeres lloran, los hombres se desesperan.

Entonces sale del palacio un oficial francés, Auguste LagrangeIV. Su pelliza blanca y su pantalón gamuzaV identifican a un edecán de Murat. “Aquí está, ha venido a llevarse a nuestro infante”. Estas palabras circulan rápidamente. El oficial francés es rodeado, insultado, empujado. Se defiende por un tiempo. Estaba a punto de morir, cuando pasó una patrulla de la Guardia Imperial, diez granaderos calaron la bayoneta y lo liberaron.

LES ÉVÉNEMENTS DU 2 MAI 1808

Le 2 mai était le jour fixé pour le départ de la reine d’ÉtrurieI, de ses enfants et de son frère, don Francisco de PaulaII. Les deux derniers courriers de Bayonne avaient manqué, et l’inquiétude en était devenue plus grande. Dès le matin, la place devant le palais fut couverte de peuple, et surtout de femmes qui considéraient tristement les apprêts du voyage. A neuf heures, la Reine partit, emmenant son fils et sa fille. Restaient encore deux voitures qu’on chargeait avec précipitation. Quelqu’un dit que l’une d’elles est pour l’infant don AntonioIII. Ainsi ils s’en vont tous. Dans une heure, la capitale sera veuve de la famille entière de ses rois. Des personnes attachées au service de la cour rapportent que don Francisco ne veut pas partir, et qu’il verse des larmes en abondance. A ce récit, les femmes pleurent, les hommes se désespèrent.

Alors sort du palais un officier français, Auguste Lagrange. Sa pelisse blanche et son pantalon cramoisiV font reconnaître un aide-de-camp de Murât. «Le voilà, il est venu pour enlever notre infant.» Ces paroles circulent rapidement. L’officier français est entouré, insulté, pressé. Il se défend quelque temps. Il allait périr, lorsqu’une patrouille de la garde impériale venant à passer, dix grenadiers croisent la baïonnette et le délivrent.

Grabado de Tomás López Enguídanos (1814) sobre los disturbios en el Palacio Real el 2 de mayo. (a) Gravure de Tomás López Enguídanos (1814) du combat autour du Palais Royal le 2 mai. (a)

El Gran Duque se alojaba en el hotel del Príncipe de la Paz, cien toesasVI detrás del palacio. Su batallón de piquete se apresuró con dos piezas de cañón para disolver la muchedumbre. Pero ya se había extendido un movimiento eléctrico de un extremo al otro de la villa. La Plaza Mayor y la calle de Alcalá se llenan en un instante. Sólo se escuchan vociferaciones mezcladas con el redoble del tambor y el sonido de la trompeta llamando a las tropas a sus puestos de armas. Los españoles están persuadidos de que los franceses han jurado su ruina; ningún francés duda de que hay un vasto complot tramado para masacrar al ejército. Los habitantes se apoderan de escopetas de caza, espadas antiguas y, a falta de armas, toman palos. Los soldados sorprendidos solos en las casas y en la calle son asesinados o desarmados.

Los oficiales de estado mayor y los portadores de órdenes de caballería son derribados de sus caballos. Se lanzan piedras y se disparan disparos a través de las ventanas. Algunas mujeres enojadas vierten agua hirviendo desde los balcones. Cincuenta combates singulares se traban a la vez. Los españoles son particularmente inexorables con algunos mamelucos de la Guardia que caen en sus manos, felices de golpear al mismo tiempo a un francés y a un musulmán!2

Le grand-duc était logé dans l’hôtel du prince de la Paix, à cent toisesVI derrière le palais. Son bataillon de piquet accourt avec deux pièces de canon pour dissoudre le rassemblement. Mais déjà un mouvement électrique s’était communiqué d’un bout à l’autre de la ville. La Plaza-Mayor et la rue d’Alcala se remplissent en un instant. On n’entend que vociférations mêlées au roulement du tambour et au son de la trompette qui appellent les troupes à leurs places d’armes. Les Espagnols sont persuadés que les Français ont juré leur ruine ; pas un Français ne doute qu’il n’y ait un vaste complot ourdi pour égorger l’armée. Les habitants se saisissent de fusils de chasse, de vieilles épées, et, au défaut d’armes, ils prennent des bâtons. Les soldats surpris isolément dans les maisons et dans la rue sont assassinés ou désarmés.

Des officiers d’état-major et des cavaliers porteurs d’ordre sont renversés de cheval. On jette des pierres et on tire des coups de fusil par les fenêtres. Quelques femmes furieuses versent de l’eau bouillante de dessus les balcons. Cinquante combats singuliers s’engagent à la fois. Les Espagnols sont particulièrement inexorables envers quelques mameloucks de la garde qui tombent entre leurs mains, heureux de frapper du même coup un Français et un Musulman!2

Nuestro recorrido de las calles del Madrid de 1808, con las descripciones e imágenes de los lugares. El polígono con línea negra delimita los límites aproximados de la ciudad a finales de 1820. También situamos a las unidades imperiales acantonadas alrededor de la ciudad. // Notre tour des rues de Madrid en 1808, avec des descriptions et des images des lieux. Le polygone ligné noir décrit les limites approximatives de la ville à la fin des années 1820. Nous avons également placé les unités impériales stationnées autour de la ville.

Las tropas han tomado las armas, el escenario va a cambiar. Los oficiales generales mandan destacamentos de infantería para derribar las puertas de las casas desde donde se realizan los disparos y para vengarse de los agresores. Tres o cuatro tiros de metralla arrasaron con esta hermosa calle de Alcalá, que por su anchura y su trazado daba tanto campo al fuego de la artillería. El jefe de escuadrón DaumesnilVII, al frente de la caballería de la Guardia Imperial, carga contra la multitud. Los lanceros polacos infunden entonces en el alma de los españoles las primeras impresiones de un terror que se hará mayor a medida que sean más conocidos.

Les troupes ont pris les armes, la scène va changer. Les officiers-généraux commandent des détachements d’infanterie pour enforcer les portes des maisons d’où partent les coups de fusil et pour tirer vengeance des agresseurs. Trois ou quatre coups de canon à mitraille balayent cette belle rue d’Alcala, qui par sa largeur et son alignement offre tant de prise au feu de l’artillerie. Le chef d’escadron DaumesnilVII, à la tête de la cavalerie de la garde impériale, charge sur la multitude. Les lanciers polonais jettent alors dans l’âme des Espagnols les premières impressions d’une terreur qui deviendra plus grande à mesure qu’on les connaîtra davantage.

La calle de Alcalá desde la Plaza del Sol.
La Rue Alcalá depuis la Plaza del Sol.
La misma calle con la Iglesia del Buen Suceso, hoy desaparecida (b). La même rue avec l’Église du Bon Succès, aujourd’hui disparue. (b)
Uno de los grabados de la serie del 2 de mayo, con la Iglesia del Buen Suceso al fondo y parte de la fachada de la Real Casa de Correos en el margen derecho.
Une des gravures de la série du 2 mai, avec l’Iglesia del Buen Suceso en arrière-plan et une partie de la façade de la Real Casa de Correos sur la marge droite.
La Real Casa de Correos (1768) sirvió de presidio improvisado a las tropas francesas.  La Real Casa de Correos (1768) servait de prison improvisée aux troupes françaises.
Placa conmemorativa, aunque los primeros combates se dieron en el Palacio Real. Plaque commémorative, bien que les premiers combats aient eu lieu au Palais Royal.

La guarnición española permaneció encerrada en sus cuarteles, esperando que le dieran órdenes de actuar. Había un parque de artilleríaVIII situado junto a la puerta de Fuencarral, diez mil fusiles en cajas y veintiséis cañones montados sobre afustes. La gente quería apoderarse de ellos. Los artilleros que custodiaban el parque se opusieron al principio, pero al escuchar que sus compañeros de infantería fueron asaltados en los cuarteles, y viendo llegar hacia ellos una columna francesa que marchaba a la carga, se unieron a los insurgentes.

La garnison espagnole resta enfermée dans ses quartiers, attendant qu’on lui donnât des ordres pour agir. Il y avait au parc d’artillerieVIII situé près de la porte de Fuencarral, dix mille fusils encaissés et vingt-six pièces de canon montées sur affuts. Le peuple voulut s’en emparer. Les canonniers qui gardaient le parc s’y opposèrent d’abord, mais entendant dire que leurs camarades de l’infanterie étaient attaqués dans les casernes, et voyant arriver à eux une colonne française qui marchait au pas de charge, ils se joignirent aux insurgés.

Dibujo para abanico inglés para la exportación con temas de la Guerra de Independencia (1813) (c) Dessin pour éventail anglais destiné à l’exportation avec des thèmes de la guerre d’Espagne (1813) (c)

Comandados por dos valientes oficiales de su cuerpo, don Luis Daoiz y don Pedro VelardeIX, y ayudados por sus compatriotas que se encargaron ellos mismos de los cañones, pusieron tres piezas en batería, y comenzó a disparar metralla. La columna francesa estaba formada por el quinto regimiento de infantería provisional, procedente del convento de San BernardinoX, muy cerca de allí. El general de brigada LefrancXI, que lo comandaba, sólo dio tiempo a los españoles para disparar doce o trece descargas de sus cañones. Se apoderó del parque a la bayoneta y recuperó las armas, cuyas cajas los insurgentes comenzaban a destrozar. Este fue el episodio más sangriento del día 2 de mayo. Allí perecieron Daoiz y Velarde. La historia conservará sus nombres, como los primeros mártires por la causa de la independencia de su país.

Commandés par deux braves officiers de leur corps, don Luiz Daoiz et don Pedro VelardeIX, et aidés par leurs compatriotes qui s’attelèrent eux-mêmes aux canons, ils mirent trois pièces en batterie, et commencèrent à tirer à mitraille. La colonne française était formée du cinquième régiment d’infanterie provisoire, venu du couvent de San-BernardinoX, tout près de-là. Le général de brigade LefrancXI qui la commandait, ne donna aux Espagnols que le temps nécessaire pour faire douze ou treize décharges de leurs bouches à feu. Il enleva le parc à la baïonnette et reprit les fusils dont les insurgés commençaient à briser les caisses. Ce fut là l’épisode le plus sanglant de la journée du 2 mai. Là périrent Daoiz et Velarde. L’histoire conservera leurs noms, comme des premiers martyrs pour la cause de l’indépendance de leur pays.

En el centro de la plaza del Dos de Mayo se conserva el arco monumental que daba entrada al cuartel de artillería de Monteleón. La placa conmemorativa se ubica en uno de los edificios con fachada a la plaza. Au centre de la Plaza del Dos de Mayo est conservée l’arc monumental qui donnait accès à la caserne d’artillerie de Monteleón. La plaque commémorative est située dans l’un des bâtiments avec une façade à la place.

A los primeros disparos, el Gran Duque de Berg, el Mariscal Moncey y los oficiales generales que no estaban al mando de las tropas, se habían trasladado a la cima de la colina de San VicenteXII, en una posición que domina la parte occidental de la ciudad. El regimiento de fusileros de la Guardia Imperial se había reunido en este punto. Varios miembros de la Junta acudieron allí y suplicaron al Gran Duque que detuviera el derramamiento de sangre. El secretario de Guerra O’FarrilXIII y el ministro de Hacienda AzanzaXIV recorrieron las calles a caballo, agitando pañuelos blancos en el aire en señal de reconciliación. Salvaron la vida de muchos de sus conciudadanos. Invitados por ellos, los miembros de los cabildos se distribuyeron entre los diferentes barrios para proclamar allí una amnistía general. Varios oficiales de ambas naciones se sumaron a esta misión de paz. El motín había comenzado a las diez de la mañana, a las dos de la tarde todo estaba acabado. Las tropas y la artillería apostadas a cierta distancia de Madrid habían partido, pero no entraron en la ciudad. En todo este tumulto, la pérdida de los franceses no ascendió a trescientos hombres muertos o heridosXV; la pérdida de los españoles fue menos considerable.

Aux premiers coups de fusil, le grand-duc de Berg, le maréchal Moncey et les officiers généraux qui ne commandaient pas de troupes, s’étaient portés en haut de la côte de Saint-VincentXII, dans une position qui domine la partie ouest de la ville. On avait réuni sur ce point le régiment de fusiliers de la garde impériale. Plusieurs membres de la Junte y accoururent et supplièrent le grand-duc de faire cesser l’effusion du sang. Le ministre de la guerre O’FarrilXIII et le ministre des finances AzanzaXIV parcoururent les rues à cheval, en agitant en l’air des mouchoirs blancs en signe de réconciliation. Ils sauvèrent la vie à un grand nombre de leurs concitoyens. Sur leur invitation, les membres des conseils se distribuèrent les différens quartiers pour y proclamer l’amnistie générale. Plusieurs officiers des deux nations s’adjoignirent à cette mission de paix. L’émeute avait commencé à dix heures du matin, à deux heures après midi tout était fini. Les troupes et l’artillerie cantonnées à quelque distance de Madrid s’étaient ébranlées, mais elles n’entrèrent pas dans la ville. Dans tout ce tumulte, la perte des Français n’alla pas à trois cents hommes tués ou blessésXV; la perte des Espagnols fut moins considérable.

La Puerta de Toledo, antigua puerta sur de Madrid. Los madrileños intentaron cerrar el acceso a la ciudad, pero la caballería pesada imperial lo impidió. 
La Puerta de Toledo, l’ancienne porte sud de Madrid. Les Madrilènes tentèrent de fermer l’accès à la ville, mais la cavalerie lourde impériale l’en empêcha. 

La lucha había cesado, pero la paz no se había hecho. Poco importa a los soldados si el amor a la patria y el odio a la opresión han puesto las armas en manos de sus adversarios; las únicas guerras que son justas a sus ojos son las guerras honestas, las declaradas de antemano, donde la querella se dirime a cielo abierto, y donde nos abrazamos después. Los madrileños acababan de sorprenderlos uno a uno, desarmados, inofensivos, y los habían masacrado a puerta cerrada. Sin embargo, cuando los franceses recobraron sus fuerzas reuniéndose, las usaron moderadamente, pues pocos enemigos habían caído bajo sus golpes, y se contentaron con tener prisioneros a varios hombres presos con las armas en la mano. El Gran Duque juzgó que esto no era suficiente para garantizar el orden público y que la autoridad debía recuperar sus derechos. El movimiento del 2 de mayo, premeditado o no, fue una verdadera agresión por parte de los españoles. En la tarde del mismo día y del día siguiente, algunos de los prisioneros tomados durante el tumulto, y otros que las patrullas encontraron armados, comparecieron ante una comisión militar. Fueron condenados a muerte, como cabecillas o cómplices de la revuelta, y fueron fusilados presididos por el paseo del Prado.

Le combat avait cessé, mais la paix n’était pas faite. Peu importe aux soldats si l’amour de la patrie et la haine de l’oppression ont mis les armes à la main de leurs adversaires ; il n’y a de guerres justes à leurs yeux que les guerres loyales, celles déclarées à l’avance, où la querelle se vide à ciel ouvert, et où l’on s’embrasse après. Les habitants de Madrid venaient de les surprendre un à un, désarmés, inoffensifs, et les avaient massacrés à huis-clos. Cependant, quand les Français eurent retrouvé leur force en se réunissant, ils en avaient fait un usage modéré, car peu d’ennemis étaient tombés sous leurs coups, et ils s’étaient contentés de retenir prisonniers plusieurs hommes arrêtés les armes à la main. Le grand-duc jugea que ce n’était pas assez pour la garantie de l’ordre public, et que l’autorité devait reprendre ses droits. Le mouvement du 2 mai, prémédité ou non, était une véritable agression de la part des Espagnols. Dans la soirée du même jour et le lendemain, quelques-uns des prisonniers faits pendant le tumulte, et d’autres que les patrouilles rencontrèrent armés, comparurent devant une commission militaire. On les condamna à mort, comme chefs ou complices de révolte, et on les fusilla préside la promenade du Prado.

«Fusilamiento de patriotas en el Buen Suceso» (1866), José Marcelo Contreras, óleo sobre lienzo
«Exécution de patriotes dans le Buen Suceso» (1866), José Marcelo Contreras, huile sur toile

Entre los condenados había hombres que no habían luchado y cuyo único delito era portar un cuchillo grande u otros instrumentos afiladosXVI. Fueron ejecutados sin concederles la asistencia de un sacerdote que los consolara en su último momento, y esta circunstancia ulceró aún más a un pueblo religiosoXVII. El dolor y el odio han exagerado el número de víctimas; no pasó de cincuenta personas.3 Sea como fuere, de ella salieron calamidades sin fin. Nunca perdonarán los españoles a los franceses ejecuciones tan rápidas e inesperadas. El nombre de Murat será transmitido por ellos a la posteridad, cargado de invectivas.

Il se trouva parmi les condamnés des hommes qui n’avaient pas combattu, et dont- le seule rime fut d’être porteurs d’un grand couteau ou d’autres instruments tranchantsXVI. On les fit périr sans leur accorder l’assistance d’un prêtre qui les consolât à leur dernier moment, et cette circonstance ulcéra encore davantage un peuple religieuxXVII. La douleur et la haine ont exagéré le nombre des victimes ; il n’a pas dépassé cinquante personnes3 Quoi ‘il en soit, des calamités infinies sont sorties de là. Jamais les Espagnols ne pardonneront aux Français des exécutions si promptes et si inattendues. Le nom de Murat sera transmis par eux à la postérité, chargé d’invectives.

«El 3 de mayo de 1808 en Madrid», o “Las ejecuciones» (1814), de Francisco de Goya (d)
«3 mai 1808 à Madrid» ou «Les exécutions» (1814), pour Francisco de Goya (d)

Se han emitido juicios muy opuestos sobre las causas del levantamiento de Madrid. Unos, impresionados por el avance indeciso y tortuoso de la Junta de Gobierno, han pretendido un plan de vísperas sicilianas; decían que la ciudad se llenó repentinamente de extranjeros de diferentes partes del reino, que la conspiración iba a estallar durante la noche, y que todos los franceses habrían sido atacados en los cuarteles y degollados en sus alojamientos. Los demás pensaron que un general de carácter moderado y espíritu conciliador habría perdonado a los vencidos de los males que luego cayeron sobre los vencedores; llegaron a acusar al Gran Duque de Berg de haber causado los problemas, para colocar más rápidamente una corona real en su cabeza, demostrando a Napoleón cuán necesario era un rey soldado para domar a los castellanos. Estas dos opiniones también nos parecen carentes de plausibilidad. Nada, en el movimiento, revela el menor rastro de premeditación. Murat estaba lejos de tener un alma atroz, y sabía que la elección del Emperador relativa al trono de España estaba hecha. Para explicar lo sucedido se conocen bastantes disposiciones del pueblo español y del ejército francés.

On a porté des jugements tout opposés sur les causes du soulèvement de Madrid. Les uns, frappés de la marche indécise et tortueuse de la Junte de gouvernement, lui ont prêté un projet de vêpres siciliennes ; ils ont dit que la ville s’était remplie tout-à-coup d’étrangers venus des différentes parties du royaume, que la conjuration devait éclater pendant la nuit, et que tous les Français auraient été assaillis dans les casernes et égorgés dans leurs logements. Les autres ont pensé qu’un général d’un caractère modéré et d’un esprit conciliant aurait épargné aux vaincus des maux qui plus tard sont retombés sur les vainqueurs; ils ont été jusqu’à accuser le grand-duc de Berg d’avoir provoqué des troubles, afin de mettre plus vite une couronne royale sur sa tête, en démontrant à Napoléon combien un roi soldat était nécessaire pour dompter les Castillans. Ces deux opinions nous paraissent également dépourvues de vraisemblance. Rien, dans le mouvement, ne décèle la moindre trace de préméditation. Murât était loin d’avoir l’âme atroce, et il savait que le choix de l’Empereur relativement au trône d’Espagne était arrêté. Pour expliquer ce qui est arrivé, il y a bien assez des dispositions connues du peuple espagnol et de l’armée française.

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Gazette Nacionale ou Moniteur Universel del 16 de mayo de 1808, nº 137 (pp. 2) (e)

El Moniteur de 16 de mayo de 1808, recoge la copia de la servil circular dirigida por el Consejo de la Suprema y General Inquisición a todos los tribunales del Reino, «Las lamentables consecuencias que tuvo en esta residencia el escandaloso motín del pueblo contra las tropas del EMPERADOR FRANCÉS, el día 2 del corriente mes, hizo necesaria la más activa vigilancia de todas las autoridades…», así como las noticias de Bayona fechadas el 11 de mayo, que informaba, entre otros, de la partida del príncipe de Asturias y los infantes Carlos y Antonio hacia Valençay, de los españoles desplazados a Bayona para la convocatoria de Cortes y la nota acababa con un premonitorio: «Todo está perfectamente tranquilo en España, y las cosas están en las mejores condiciones allí.»

Le Moniteur du 16 mai 1808, recueille la copie de la circulaire servile adressée par le Conseil de l’Inquisition Suprême et Générale à toutes les cours du Royaume, «Les suites facheuses qu’a eues dans cette residence, le 2 du mois courant, l’emeute scandaleuse du bas peuple contre les troupes de l’EMPEREUR FRANÇAIS, a rendu necessaire la plus active vigilance de toutes les autorités…», ainsi que la nouvelle de Bayonne en date du 11 mai, qui signale, entre autres, le départ du Prince des Asturies et les infants Carlos et Antonio vers Valençay, des Espagnols déplacés à Bayonne pour la convocation de Cortes et la note se terminait par un prémonitoire: «Tout est parfaitement tranquille en Espagne, et les choses y sont sur le meilleur pied»

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El efecto inmediato del cañonazo del 2 de mayo y de los fusilamientos del Prado fue aterrorizar a los habitantes de Madrid. Los que ejercían alguna influencia en la ciudad sólo pensaban en implorar clemencia. El Consejo Supremo de la Inquisición fue en su sumisión más allá que la otras autoridades; su celo lo llevó a apelar a los ministros de religión, para dirigir la animadversión del pueblo contra los instigadores de excesos similares al escandaloso motín del 2 mayo4. La actitud de los franceses fue nada menos que tranquilizante; sus órdenes del día y sus proclamas, prometiendo el olvido del pasado, amenazaban con castigos más fuertes en caso de reincidencia. El Infante Don Francisco partió para Bayona, y fue seguido, con un intervalo de veinticuatro horas, por el Infante Don Antonio. Este mismo príncipe pidió unirse al rey, su sobrino, para escapar así de obligaciones que alguien más hábil que él no habría cumplido mejor. Entonces se desvaneció la consideración que su rango reflejaba en los demás miembros del cuerpo del que era presidente. Habiendo expresado el Gran Duque de Berg su deseo de asociarse a las deliberaciones del gobierno, la Junta aventuró algunas reflexiones y terminó por ceder. Pocos días después, la presidencia fue adquirida por el Gran Duque, con apariencia de legalidad, por un decreto de Carlos IV, que le instituyó Teniente General del reino.

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Nota: Las notas en números romanos se han añadido para esta entrada. Las notas originales permaneces con su numeración.

1Se denominan tropas de piquete a las que están reunidas en armas y listas para actuar cuando y donde se necesiten sus servicios.

2Ha quedado en los habitantes de la Península, desde la invasión de los moros, un profundo horror por la vestimenta de los musulmanes.

3El manifiesto justificativo del consejo de Castilla, redactado y publicado en Madrid en el mes de agosto de 1808, después de que el ejército francés hubo evacuado esta capital, eleva la pérdida de los españoles, en el motín del 2 de mayo, a ciento cuatro hombres muertos, cincuenta y cuatro heridos y treinta y cinco perdidos (extraviados). El manifiesto utiliza la expresión unos pocos (algunos pocos) cuando habla de los fusilados ese día y los siguientes.

El Gran Duque de Berg sabía, antes del 2 de mayo, que la corona de España estaba reservada para alguien distinto a él. La falta de éxito de su misión debe atribuirse a su celo más ardiente que ilustrado por el servicio del Emperador, y a la manía bastante común entonces de juzgar a los castellanos a quienes nadie entendía, por los italianos a quienes había tratado durante mucho tiempo. «El día de ayer entrega España al Emperador«. Así lo expresó Murat, en la mañana del 3 de mayo, en un estallido de presuntuosa confianza. «Di más bien que se lo quita para siempre«, respondió el secretario de Guerra O’Farril. Ignoraba entonces este leal español que furiosos consejos lo habían presentado a él y al capitán general de Castilla la Nueva, don Francisco-Xavier de Negrete, como agentes de Inglaterra y cabecillas de un complot, que se había hablado en los salones del Gran Duque para someterlos a juicio a ambos, y que esta absurda idea había sido rechazada por la enérgica intercesión del Mariscal Moncey, cuyo corazón sangraba al ver la injusticia.

4Véase en el Moniteur de 16 de mayo de 1808 la carta escrita el 6 del mismo mes por el Consejo Real de la Inquisición a los tribunales del Santo Oficio de Madrid y del Reino.

IMaría Luisa Josefina de Borbón (1782-1824). Sexta hija de Carlos IV y de María Luisa de Borbón-Parma. Reina consorte de Etruria, por su matrimonio con Luis de Etruria. Tataranieta de Luis XV de Francia.

IIFrancisco de Paula Antonio María de Borbón y Borbón-Parma (1794-1865). Hijo de Ca rlos IV y de María Luisa de Borbón-Parma. Tataranieto de Luis XV de Francia.

IIIÍdem anterior.

IVEl Jefe de escuadrón (futuro coronel) Auguste Lagrange, edecán de Murat. En 1811 desembarcó en Gravelinas junto con Exelmans (fugado de Inglaterra) para unirse a Murat que era rey de Nápoles. El 2 de mayo había sido enviado para revisar la situación en palacio, y al parecer fue protegido del populacho en primera instancia por un oficial de las Guardias walonas, Miguel Desmaissières y Flores [6] que se interpuso entre él y la muchedumbre, antes de la llegada de la patrulla que los salvó a los dos.

VLos príncipes al mando de un cuerpo de ejército podían asignar un color particular al uniforme «a la húsar» de sus edecanes. Los de S.A.I. el Gran Duque de Berg visten el color amaranto con el color gamuza distintivo y las trenzas en dorado. Fue el propio Murat quien, mediante una nota de abril de 1807, reguló el uniforme de sus edecanes. [12]

VIAntigua medida francesa de longitud, equivalente a 1,946 m.

VIIEl futuro general Pierre Daumesnil (1776-1832), el famoso defensor de Vincennes en 1814. El 2 de mayo cuando sonó la alarma, Daumesnil ordenó a su escuadrón de cazadores de la Guardia que ensillaran y los condujo a través de la ciudad hasta donde se encontraba Murat. En el camino fueron asaltados con agua hirviendo, ladrillos y fuego de mosquetes que evitaron lo mejor que pudieron. Daumesnil pidió permiso para tomar represalias, pero Murat le ordenó que dirigiera a los cazadores y mamelucos para escoltar a su ayudante con órdenes para el general Gobert. Daumesnil condujo a 300 jinetes al galope, pero se encontraron con insurgentes armados que intentaban matarlos. Abriéndose paso, avanzaron bien, pero luego el caballo de Daumesnil murió de un disparo y él resultó herido en el muslo. Mientras la multitud lo rodeaba, Daumesnil casi fue muerto hasta que un lugarteniente de los mamelucos lo rescató. [7]

VIIIEl parque de artillería de Monteleón.

IXLos capitanes Luis Daoíz y Torres (1767-1808) y Pedro Velarde y Santillán (1779-1808). Militares pertenecientes al arma de artillería, fueron los únicos militares de graduación, junto al teniente de infantería Jacinto Ruiz Mendoza, que se sumaron a la revuelta contra los franceses.

XEl antiguo convento de San Bernardino, fundado en 1572, estaba situado sobre las huertas de Leganitos, a la derecha del camino del Pardo, en el mismo lugar que años mas tarde acogería el asilo de San Bernardino, inaugurado en 1834 y que fue derribado después de la Guerra Civil. [10]

XIEl general de brigada Jacques Lefranc (1750-1809). El 21 de enero de 1807 es destinado al Corps d’observation des Côtes de l’Océan, El 14 de diciembre se hace cargo de la 1ª brigada de la división Gobert, y el 2 de mayo de 1808 se apodera del Cuartel de Monteleón. [4]

XIIAntiguamente se pretendía equiparar la topografía del viejo Madrid con la de Roma, haciendo alusión aunque de manera imprecisa a la presencia de «siete colinas» en la capital española. No hemos localizado la tal colina de San Vicente, que probablemente fuera la cuesta de San Vicente, ubicada cerca del Templo de Debod y el Palacio Real.

XIIIGonzalo O’Farrill y Herrera (1754-1831). Cuando Fernando se vio obligado a marchar hacia Bayona, reclamado por Napoleón, quiso que O’Farrill formara parte de la Junta Suprema que dejó en Madrid para resolver las materias gubernativas más urgentes. Tras los sucesos de Bayona, juró fidelidad a José Bonaparte y aceptó seguir ejerciendo el Ministerio de Guerra con el nuevo Rey

XIVMiguel José Azanza de Alegría (1746-1826). Fue nombrado responsable de Hacienda de la Junta Suprema de Gobierno presidida por el infante Antonio, antes de la salida de Carlos IV de Madrid. Tras la partida de los miembros de la familia real, Azanza mantuvo la opinión contraria a otros miembros de la Junta que pretendían organizar una resistencia a ultranza. Debido a la posición que adoptó la Junta, durante el 2 de mayo, la Junta encomendó a Azanza y al general O’Farril negociar la paz con el Gran Duque de Berg, éste accedió y los comisionados recorrieron las calles de Madrid para calmar los ánimos.

XVJosé Manuel Guerrero Acosta, a pesar de la manida controversia de las cifras de bajas, citando a varios autores (Gómez de Arteche, Grandmaison, Titeux entre otros) y los datos encontrados en los «Archives de la Guerre» de Vincennes y el Archivo Histórico Nacional, cifra las bajas francesas en treinta y ocho (dos oficiales) muertos y ciento cincuenta y nueve (trece o más oficiales) heridos. [2]

XVISegún Antonio Fernández García, «Que se considerara delito la posesión de un arma blanca incriminaba a buena parte de los habitantes, en una sociedad donde casi todos los varones usaban navaja. Una de las primeras víctimas, el cirujano Ángel de Rivocaba, fue fusilado en el acto al ser sorprendido con el instrumental que portaba para una operación. Fue asaltado y cercado por una guardia el Hospital General, presumiblemente para localizar a los heridos en los enfrentamientos. Y ha quedado constancia documental de nombres de lavanderas, chisperos, tejedores, fusilados en los aledaños de la Puerta del Sol, en la plazuela de los Pájaros (actual Pontejos), cuando todavía la Comisión encabezada por Grouchy, a pocos metros, estudiaba las medidas represivas» [3]

XVIIEl mismo Fernández García, «A uno de los viajeros que nos ha dejado un relato más detallado de la ciudad, Bourgoing (Barón de), le asombró el número de iglesias, ciento treinta y tres conventos, setenta, según sus noticias, pero más todavía le sorprendía el trato reverencial a los religiosos, a quienes se les cedía el paso o se les invitaba a las casas, y la imagen del viático en procesión entre hombres descubiertos o arrodillados. Al toque de las campanas del Angelus cesaban ruidos y movimientos; hombres y mujeres se ponían de rodillas en hogares, plazas y hasta en medio de la calle.» [3]

L’effet immédiat du canon du 2 mai et de la fusillade du Prado fut d’attirer les habitants de Madrid. Ceux qui exerçaient quelque influence dans la ville ne pensèrent qu’à implorer merci. Le conseil suprême de l’inquisition alla dans sa soumission plus loin que les autres autorités; son zèle le porta à faire un appel aux ministres de la religion, pour diriger l’animadversion du peuple contre les instigateurs d’excès pareils à l’émeute scandaleuse du 2 mai4. L’attitude des Français n’était rien moins que tranquillisante; leurs ordres du jour et leurs proclamations, en promettant l’oubli du passé, menaçaient de punitions lus fortes en cas de récidive. L’infant don Francisco partit pour Bayonne, et fut suivi, à vingt-quatre heures d’intervalle, par l’infant don Antonio. Ce prince demanda lui-même à rejoindre le Roi son neveu, afin d’échapper de cette manière à des obligations qu’un plus habile que lui n’aurait pas mieux remplies. Alors s’évanouit la considération que son rang reflétait sur les autres membres du corps dont il était le président. Le grand-duc de Berg ayant témoigné le désir d’être associé aux délibérations du gouvernement, la Junte hasarda quelques réflexions, et finit par céder. Peu de jours après, la présidence fut acquise au grand-duc, avec l’apparence de la légalité, par un décret de Charles IV, qui l’instituait lieutenant-général du royaume.

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Remarque : Des notes en chiffres romains ont été ajoutées pour cette entrée. Les notes originales restent avec leur numérotation.

1On appelle troupes de piquet celles réunies en armes et prêtes à agir quand et où on a besoin de leurs services.

2Il est resté aux habitants de la Péninsule , depuis l’invasion des Maures, une horreur profonde pour l’habit des Musulmans.

3Le manifeste justificatif du conseil de Castille, composé et publié à Madrid dans le mois d’août 1808, après que l’armée française avait évacué cette capitale, porte la perte des Espagnols, dans l’émeute du 2 mai, à cent quatre hommes tués, cinquante-quatre blessés et trentecinq égarés (extraviados). Le manifeste emploie l’expression quelques-uns (algunos pocos) en parlant de ceux qui ont été fusillés le jour même et les jours suivans.

Le grand-duc de Berg savait, avant le 2 mai, que la couronne d’Espagne était en réserve pour un autre que pour lui. Il faut attribuer le peu de succès de sa mission à son zèle plus ardent qu’éclairé pour le service de l’Empereur, et à la manie assez commune alors de juger des Castillans que personne n’entendait, par les Italiens qu’on avait long-temps pratiqués. «La journée d’hier donne l’Espagne à l’Empereur». Ainsi s’exprimait Murât, le 3 mai au matin, dans un accès de confiance présomptueuse. «Dites plutôt qu’elle la lui enlève pour toujours», répondit le ministre de la guerre O’Farril. Ce loyal Espagnol ignorait alors que des conseils furieux l’avaient présenté lui et le capitaine-général de la Nouvelle-Castille don Francisco-Xavier de Negrète, comme des agens de l’Angleterre et des chefs de complot, qu’il avait été question dans les salons du grand-duc de faire le procès à tous deux, et que cette idée absurde avait été rejetée par l’intercession énergique du maréchal Moncey, dont le coeur saignait à la vue de l’injustice.

4Voyez dans le Moniteur du 16 mai 1808 la lettre écrite le 6 du même mois par le conseil royal de l’inquisition aux tribunaux du saint-office de Madrid et du royaume.

IMaria Luisa Josefina de Bourbon (1782-1824). Sixième fille de Carlos IV et María Luisa de Borbón-Parme. Reine consort d’Étrurie, pour son mariage avec Luis de Etruria. Arrière-arrière-petite-fille de Louis XV de France.

IIFrancisco de Paula Antonio María de Borbón y Borbón-Parme (1794-1865). Fils de Carlos IV et María Luisa de Borbón-Parme. Arrière-arrière-petit-fils de Louis XV de France.

IIIIdem ci-dessus.

IVLe chef d’escadron (futur colonel) Auguste Lagrange, aide de camp de Murat. En 1811, il débarque à Gravelines avec Exelmans (évadé d’Angleterre) pour rejoindre Murat, roi de Naples. Le 2 mai, il avait été envoyé pour examiner la situation dans le palais et le départ des membres royaux, et était apparemment protégé de la foule en premier lieu par un officier des Gardes wallons, Miguel Desmaissières y Flores [6] qui s’est interposé entre lui et la foule, avant l’arrivée de la patrouille qui les a sauvés tous les deux.

VLes Princes commandant un corps d’Armée peuvent affecter une couleur particulière pour l’habit à la hussarde de leurs aides de camp. Ceux de S.A.I. le Grand Duc de Berg portent le couleur amarente avec le couleur distinctive chamois et les tresses en or. C’est Murat lui-même qui par une note d’avril de 1807 règle l’uniforme de ses aides de camp. [12]

VIAncienne mesure française de longueur, équivalente à 1,946 m.

VIILe futur général Pierre Daumesnil (1776-1832), célèbre défenseur de Vincennes en 1814. Le 2 mai, lorsque l’alerte retentit, Daumesnil ordonne à son escadron de chasseurs de la Garde de se mettre en selle et les conduit à travers la ville jusqu’à l’endroit où se trouve Murat. En cours de route, ils ont été assaillis d’eau bouillante, de briques et de tirs de mousquet qu’ils ont évités du mieux qu’ils pouvaient. Daumesnil a demandé la permission de riposter, mais a reçu l’ordre de Murat de conduire les chasseurs et les mamelouks pour escorter son aide avec des ordres pour le général Gobert. Daumesnil a conduit 300 cavaliers au galop, mais a été accueilli par des insurgés armés essayant de les tuer. En perçant, ils ont bien progressé, mais le cheval de Daumesnil a été abattu et il a été blessé à la cuisse. Alors que la foule l’entourait, Daumesnil a failli être tué jusqu’à ce qu’un lieutenant mamelouk le sauve. [7]

VIIILe caserne de Monteleón.

IXCapitaines Luis Daoíz y Torres (1767-1808) et Pedro Velarde y Santillán (1779-1808). Les soldats appartenant à l’arme d’artillerie, étaient les seuls officiers, avec le lieutenant d’infanterie Jacinto Ruiz Mendoza, qui a rejoint la révolte contre les Français.

XL’ancien couvent de San Bernardino, fondé en 1572, était situé dans les vergers de Leganitos, à droite du Camino del Pardo, au même endroit qui, des années plus tard, abriterait l’asile de San Bernardino, inauguré en 1834 et qui a ensuite été démoli de la guerre civile espagnole. [10]

XIGénéral de brigade Jacques Lefranc (1750-1809). Le 21 janvier 1807, il est affecté au Corps d’observation des Côtes de l’Océan. Le 14 décembre, il prend la tête de la 1ère brigade de la division Gobert, et le 2 mai 1808, il s’empare de la caserne de Monteleón. [4]

XIIAutrefois, il était prévu d’assimiler la topographie du vieux Madrid à celle de Rome, faisant allusion, bien qu’imprécisément, à la présence de «sept collines» dans la capitale espagnole. Nous n’avons pas localisé la colline de San Vicente, qui était probablement la pente de San Vicente, située près du Temple de Debod et du Palais Royal.

XIIIGonzalo O’Farrill et Herrera (1754-1831). Lorsque Fernando a été contraint de marcher sur Bayonne, exigé par Napoléon, il a voulu que O’Farrill fasse partie du Conseil suprême qu’il a laissé à Madrid pour résoudre les questions gouvernementales les plus urgentes. Après les événements de Bayonne, il jure allégeance à José Bonaparte et accepte de continuer à exercer le ministère de la Guerre auprès du nouveau Roi.

XIVMiguel José Azanza de Alegría (1746-1826). Il a été nommé chef du Trésor du Conseil suprême du gouvernement présidé par l’infant Antonio, avant le départ de Carlos IV de Madrid. Après le départ des membres de la famille royale, Azanza a maintenu l’opinion contraire aux autres membres du Conseil qui entendaient organiser une résistance implacable. En raison de la position adoptée par le Conseil, le 2 mai, le Conseil a chargé Azanza et le général O’Farril de négocier la paix avec le grand-duc de Berg, qui a accepté et les commissaires ont fait le tour des rues de Madrid pour calmer les esprits.

XVJosé Manuel Guerrero Acosta, malgré la polémique éculée sur les chiffres des victimes, citant divers auteurs (Gómez de Arteche, Grandmaison, Titeux, entre autres) et les données trouvées dans les «Archives de la Guerre» de Vincennes et les Archives Historiques Nationales de Madrid, met les pertes françaises à trente-huit (deux officiers) tués et cent cinquante-neuf (treize officiers ou plus) blessés. [10]

XVISelon Antonio Fernández García, «Le fait que la possession d’un couteau soit considérée comme un crime a incriminé une bonne partie des habitants, dans une société où presque tous les hommes utilisaient un couteau. L’une des premières victimes, le chirurgien Ángel de Rivocaba, a été abattu sur le fait lorsqu’il a été surpris avec les instruments qu’il transportait pour une opération. L’hôpital général a été agressé et encerclé par un garde, vraisemblablement pour localiser les blessés dans les affrontements. Et il existe des preuves documentaires des noms des blanchisseuses, des prolos, tisserands, fusillés aux abords de la Puerta del Sol, dans la Plazuela de los Pajaros (aujourd’hui Pontejos), alors que la Commission dirigée par Grouchy, à quelques mètres de là, étudiait les mesures répressives» [3]

XVIIFernández García lui-même, «L’un des voyageurs qui nous a laissé un récit plus détaillé de la ville, Bourgoing (Baron de), a été étonné par le nombre d’églises, cent trente-trois couvents, soixante-dix, selon ses nouvelles, mais plus encore il était surpris par le traitement révérencieux des religieux, qui étaient cédés ou invités dans les maisons, et l’image du viatique en procession entre hommes découverts ou agenouillés, hommes et femmes s’agenouillaient dans les maisons, sur les places et même au milieu de la rue.» [3]


Fuentes:

1 – «Histoire de la guerre de la Péninsule sous Napoléon: précédée d’un tableau politique et militaire des puissances […]». Tome III. 3eme edition. – Maximilien Foy, Baudouin Frères Ed., Paris, 1828

2 – «Los franceses en Madrid.1808» – VV.AA, Revista de Historia Militar, Núm. Extraordinario, Ministerio de Defensa, 2004

3 – «MADRID, revista de arte, geografía e historia«. Núm. 9 – VV.AA., Comunidad de Madrid, 2007

4 – «Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l’Empire : 1792-1814«. Tome 2 – Georges Syx, Georges Saffory, Ed., Paris, 1934

5 – «Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés«. Tome Seizième. – Firmin Didot Frères Ed., 1851

6 – «The Foreign monthly review and continental literary journal«, London, 1839

7 – https://www.frenchempire.net/biographies/daumesnil/

8 – Gazette Nationale ou le Moniteur Universel del 16 de mayo de 1808, nº 137

9 – https://dbe.rah.es/biografias/

10 – http://www.madridhistorico.com/seccion5_historia/nivel2_informacion.php?idmapa=11&idinformacion=635&pag=1

11 – AudioguidesApp Android – Ruta del Levantamiento del 2 de mayo de Madrid

12 – «Les Uniformes du 1er Empire / Etat-Major et Service de Santé«. Tome 7 – Cdt. E.L. Bucquoy, Jacques Granchier Ed., Paris, 1982

13 – https://elfarodeceuta.es/la-derrota-de-francia-por-espana-en-1808-ii/

Imágenes:

a – https://palauantiguitats.com/wp-content/uploads/2017/03/G00935.jpg

b – De Luis Paret – [1], Dominio público, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10548455

c – https://palauantiguitats.com/wp-content/uploads/2017/03/G00939.jpg

d – «The 3rd of May 1808 in Madrid«, or “The Executions” – Goya y Lucientes, Francisco de, Copyright ©Museo Nacional del Prado

e – Gazette Nacionale ou Moniteur Universel del 16 de mayo de 1808, nº 137 – Ayuntamiento de Madrid. Hemeroteca Municipal

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